Le Grand Huit de la Molignée.


POINT de DEPART : Place de Haut-le-Wastia / Anhée.
ACCES : Route : au départ de Anhée, suivre les indications « Musée du Souvenir. HLW ».
DISTANCE : 19 kilomètres.
DUREE INDICATIVE : 4 heures 45 minutes.
SERVICES : téléphone public, parking aisé.

Faisant face au « Musée du Souvenir – Mai 1940 », partez à votre droite et longez le mur de la cour des écoles, vous descendez ainsi vers la gauche jusqu’à la route menant à la vallée de la Molignée. Au carrefour (potale à sainte Barbe), effectuez un gauche-droite et engagez-vous dans un chemin rectiligne à découvert et sinueux en sous-bois, et de qualité décroissante.

Vous descendez ainsi jusqu’au site d’une carrière, franchissezcroquis entre Ht-le-Wastia et Salet l’ancienne voie de chemin de fer et dirigez-vous vers la gauche à travers l’aire de stockage, vers les bâtiments du chantier. A hauteur de ceux-ci, partez vers la droite par le chemin qui conduit au pont sur la petite rivière. Vous êtes au bord de la N971, route touristique de la vallée de la Molignée, que vous traversez avec prudence.
Presqu’en face de vous, légèrement à gauche, un sentier à l’accès dissimulé dans la végétation vous permet de rejoindre la route qui conduit au village de
Salet.

Une première rampe, une épingle à cheveux à droite, une seconde rampe, un petit passage difficile, un bout de prairie et vous atteignez la route que vous descendez sur la droite. Laissant un site de carrière sur la gauche, poursuivez jusqu'à un chemin entrant en sous-bois à gauche.

Avant de vous y engager, un coup d'oeil un rien plus bas à la grotte de Salet où un hôpital de campagne était établi en mai '40.

Vous vous engagez dans le chemin précité, montez presque immédiatement à gauche (marquage possible par rectangles rouges) pour longer le site boisé d'une ancienne carrière et entrer dans le bois.
A la sortie de celui-ci, longez une haute haie rectiligne et une ligne électrique pour aboutir au village de Salet dans lequel vous entrez en empruntant la route à droite,
dans la courbe montante, ignorez également un chemin à droite, au point haut, vous apercevez devant vous la petite église jusqu’à laquelle vous allez (1).

Face à l’église, descendez franchement à gauche jusqu’à un carrefour en « T ».
Le croisement du Grand HuitEngagez-vous alors à droite sur une route en légère descente que vous suivez durant près de deux kilomètres en négligeant tout chemin tant à gauche qu’à droite pour aboutir à un quatre-bras protégé par une chapelle.
Poursuivez droit devant en passant ainsi à gauche de la chapelle, le chemin d’abord plat de type forestier sur environ 700 mètres devient une route macadamisée qui, avec quelques belles boucles, dévale le coteau jusqu’au village de
Sosoye.

Au point bas, prenez à gauche, franchissez le pont qui enjambe
la Molignée et, durant 250 mètres, suivez prudemment la N971 en légère montée (2).
Passez sous la grande arche du pont du chemin de fer, longez-en le talus à gauche et lancez-vous ainsi dans une montée constante de près d’un kilomètre et demi marquée par une courbe encaissée avec borne-potale.
Au carrefour du sommet (ouf !) dirigez-vous à droite, laissez
l’abbaye de Maredret (3) à l’écart sur votre gauche pour arriver à l’abbaye de Maredsous, vous êtes à mi-chemin, profitez-en pour faire une halte (restaurant, cafétéria, boutique, …).


Reposé et repu, traversez les vastes parkings et, laissant les bâtiments abbatiaux (4) à votre droite, descendez la route qui conduit à la vallée (piste piétonne sécurisée). Au bas de la descente, un large pont routier vous permet de passer la Molignée et de retrouver la N971 face au « Relais Saint-Benoît ».
Prenez à gauche sur une bonne centaine de mètres avant de vous attaquer à droite à une montée assez sèche par un chemin rocailleux à souhait. Retrouvant le plateau et un nouveau quatre-bras, engagez-vous à droite dans un chemin en sous-bois d’abord en légère descente. Gardez la direction principale (sud-est) sur quelques 1500 mètres durant lesquels bois, découvert et bois se succèdent et après un léger raidillon vous retrouvez le quatre-bras protégé par une chapelle.

Laissant le saint édifice sur votre droite et toujours vers le sud-est, marchez droit devant vous pendant un bon kilomètre, à travers une belle campagne, vers le hameau de
Foy (5).
Juste avant la première maison, empruntez un large passage à gauche, il vous conduit au coin d’un bâtiment agricole où vous tournez à droite pour passer entre deux belles fermes à vocation résidentielle.
Peu après la ferme se situant à votre gauche, un chemin descend à gauche et conduit à une maison aux abords de laquelle il se mue en sentier assez raide, vous descendez ainsi durant quelques centaines de mètres et aboutissez à nouveau à la N971. Attention, la jonction est parallèle à la route et l’accotement absent !
Remontez la route sur moins de 100 mètres et à gauche, une signalisation touristique vous invite à vous diriger vers les ruines majestueuses du
château de Montaigle.
Après un coude à gauche, le chemin de bonne qualité file vers le site médiéval (6) qu’il laisse à votre gauche pour redescendre vers le
Flavion (affluent de la Molignée).

La prairie située à gauche vous offre un splendide
point de vue sur les ruines et la falaise calcaire .

Fermez les yeux, laissez agir le charme et peut-être entendrez-vous
Gilles de Berlaymont et Midone de Bioulx.


Revenu à la réalité, empruntez le petit sentier (assez médiocre au début) qui file à gauche d’un chemin privé parallèlement à celui-ci.
Ce sentier encaissé monte durant « un certain temps » et vous ramène sur le plateau où il aboutit à un bon chemin sur lequel vous vous lancez à gauche pour filer tout droit vers le
point culminant de Haut-le-Wastia et le Mémorial français de mai 1940 (7).
Après un moment de recueillement à la mémoire de ces braves auxquels le musée local est consacré, descendez vers le village. Suivez-y l’axe principal et le clocher de l’église voisine du musée vous aidera à rejoindre votre point de départ (8).


Carte IGN 1/25.000 53/3-4 (Bioul-Yvoir)

André LESSIRE.
Mise à jour septembre 2004.


D’après Daniel Vanderstichelen – Découverte pédestre des paysages typiques de Wallonie (Maredsous, promenade de Montaigle) – Lannoo 1999.


(1) C’est dans ce petit village, pilonné par l’aviation ennemie le 13 mai, que se trouvait le 2e Bion du 129e RI. Un hôpital de campagne y avait été improvisé dans une grotte située à droite de la route qui monte au village. Les premiers soins y étaient prodigués avant d’évacuer les blessés vers l’arrière.
(2) Sosoye, baigné par les eaux de la Molignée, garde un bâtiment de brasserie assez caractéristique de cette ancienne production régionale. L’église du 18e siècle renferme de belles stalles Louis XV provenant de l’abbaye de Waulsort. A côté, belle grange dîmière.
(3) Construite en 1894, cette abbaye nichée dans la verdure abrite une communauté de Sœurs Bénédictines. C’est principalement un centre d’artisanat (imagerie liturgique, miniatures, …).
(4) Fondée en 1872, l’abbaye des Pères Bénédictins jouit d’une grande réputation due à ses études théologiques et bibliques ainsi qu’à son Centre d’arts. Seule l’église abbatiale, terminée en 1888 dans un pur style néogothique, est accessible au public.
(5) Jadis Seigneurie de Faing, Foy n’est plus aujourd’hui qu’un de ces petits hameaux par lesquels, si on n’est pas randonneur, il faut vraiment vouloir passer. La seigneurie et son château fort furent progressivement supplantés, à partir du 14e siècle, par Montaigle tout proche.

(6) Petite chronologie du site de Montaigle des origines à nos jours.
± -450 : occupation prouvée par la découverte de nombreuses céramiques de l’Age du Fer.
± 270 : rocher défendu par une petite garnison romaine (A).
Début du IVe s. : le sommet est ceinturé par une enceinte en pierre épaisse de deux mètres, on retrouve l’emplacement de plusieurs cabanes en bois ou en torchis. Les occupants du site seraient d’origine germanique.
Milieu du Ve s. : abandon su site.
± 900 : le seigneur de Faing occupe un château dont quelques traces subsistaient au pied des courtines nord et près de l’actuel donjon.
Début du XIIe s. : Gilles de Berlaymont fait bâtir un donjon carré à la pointe du rocher (B).
1298 : Guy de Dampierre, comte de Namur, rachète le rocher et le donne à un de ses fils qui y fait édifier la partie ouest du château (C).
Malgré le tracé irrégulier du sommet du rocher, la construction est basée sur la formule de Philippe Auguste avec des tours placées à égale distance.
Après 1350 : aménagement de la partie est (D) avec création de nouvelles courtines défendues par des tours ouvertes à la gorge.

rocher défendu par une petite garnison romaine donjon carré à la pointe du rocher cheminées édification de  la partie ouest du château création de nouvelles courtines défendues par des tours ouvertes à la gorge. latrines armoire encastrée four à pain caves tour carrée avec citernes pour eaux de pluie
Glissez votre pointeur vers les différents repères lettrés (ne pas cliquer)

  Début du XVe s. : transformations qui changent radicalement l’aspect du château pour lui donner celui que l’on connaît encore
aujourd’hui. C’est le côté résidentiel qui va primer : cheminées (a), latrines (b), armoire encastrée, escalier vers l’étage (c), four à pain (d), caves(e), ouverture de grandes fenêtres à banquette. Les tours sont surélevées de un ou deux niveaux. Construction de la tour carrée avec citerne pour les eaux pluviales (f).
± 1430 : construction du boulevard pour l’artillerie.
1554 : incendie du château par les troupes d’Henri II.
Durant les trois siècles suivants, le site subira les outrages du temps et servira de carrière à matériaux pour pas mal de maisons de la région.
Début du XIXe s. : suite à l’engouement suscité par la littérature romantique, quelques tentatives d’endiguement des dégradations des ruines auront lieu.
1946 : classement du château comme monument.
1965 : propriété de Monsieur Patrick del Marmol, le site connaît un tournant décisif dans le sauvetage avec la création des "Amis de Montaigle "par une équipe de bénévoles, et nouvel arrêté de classement.
1981 : extension du classement au site.

Aujourd’hui : les bénévoles, la Direction des Fouilles du ministère de la Région Wallonne et la Division des Monuments et Sites conjuguent leurs efforts afin d’assurer une consolidation durable des vestiges et de les mettre en valeur. Visites, activités pour jeunes, familles et entreprises font également « revivre » ces hauts lieux de notre histoire régionale.

« Il faisait déjà tard lorsque nous redescendîmes dans la vallée. Le soleil avait disparu derrière le rocher et le ciel avait pris de jolis tons de pastel. Les ruines altières de Montaigle nous apparurent plus imposantes et plus tragiques encore. » E. Poumon.

(7) Mémorial élevé en 1969 où un dernier carré de défenseurs tenta une ultime résistance à l’ennemi. Le mémorial aux FrançaisC’est là que le capitaine Fockedey et ses hommes de la 5e Cie du 129e RI trouvèrent une mort héroïque le 14 mai 1940 lors des combats qui suivirent la traversée de la Meuse par les troupes allemandes. Panneau explicatif.
(8) Musée inauguré le 10 mai 2003, ouvert de mai à octobre, les samedis, dimanches et jours fériés, de 13h30 à 18h00. Documents, objets divers, photos, équipements et témoignages vous y feront découvrir les terribles journées de mais 1940 dans la vallée mosane.
Un ouvrage de référence sur le sujet y est en vente, il s’agit d’une étude très fouillée et magnifiquement documentée sur les combats des 12, 13 et 14 mai 1940 : « Mai 1940, Haut-le-Wastia au cœur de la tourmente » par Dominique Halloin.

Reour au chapitre RANDONNEES